La Grande Terreur 1937-38
Un massacre de masse orchestré par le régime stalinien entre 1937 et 1938
Le déclenchement de la terreur
En juillet 1937, Staline ordonne au NKVD d'instaurer un quota d'individus jugés dangereux et « socialement nuisibles » à exécuter dans chaque région de l'URSS. Pas moins de 700 000 individus sont ainsi arbitrairement exécutés par les autorités soviétiques entre août 1937 et novembre 1938. En quoi la Grande Terreur est-elle un massacre de masse ?
Une bureaucratie de la mort
Planification méticuleuse
La Grande Terreur est un massacre de masse parce qu'elle est soigneusement orchestrée et planifiée par la bureaucratie soviétique, qui fixe des quotas d'exécutions d'autant plus déroutants qu'ils sont susceptibles d'être revus à la hausse.
Officiers zélés
Leurs exécuteurs dans les provinces, à l'image de Boris Koulvets, sont des officiers zélés. Pour le secteur de Tomsk, on estime qu'il faudra en moyenne exécuter 1 000 personnes et que ce chiffre est susceptible de grimper à 2 000.
Déshumanisation
Les victimes sont animalisées, et considérées comme du bétail que l'on inhume collectivement dans des fosses communes après avoir été sommairement exécutées.
La dissimulation systématique
La particularité de ce meurtre de masse est qu'il est soigneusement dissimulé par le pouvoir stalinien. En effet, les chefs du NKVD exhortent leurs subalternes à ne rien dire des chiffres concernant les exécutions des indésirables, sans quoi ils risqueraient une comparution devant les tribunaux militaires.
La même volonté de dissimuler les informations essentielles se retrouve lorsqu'il s'agit d'évoquer les victimes sous le nom de bétail, ou de dissimuler les cadavres des personnes exécutées – dont certains ne sont retrouvés qu'à la fin du XXe siècle, comme au charnier de Sandormakh en Carélie.
Les interrogateurs acculent les individus à avouer des crimes ou des délits qu'ils n'ont pas commis et les suspectent systématiquement de conspirer contre le pouvoir soviétique.
Une géographie de la terreur
Cependant, ces meurtres de masse frappent l'URSS de manière disparate. La Carélie est la région la plus touchée par la Grande Terreur, avec environ 3% de la population exécutée. Viennent ensuite la Sibérie, puis le Donbass en Ukraine, la République autonome des Allemands de la Volga, la République Socialiste Soviétique du Turkménistan, puis les régions de Krasnodar et de Sverdlovsk.
01
Carélie
La région la plus touchée avec environ 3% de la population exécutée
02
Sibérie
Deuxième région la plus affectée par les purges
03
Donbass (Ukraine)
Région industrielle fortement touchée
04
Autres régions
République des Allemands de la Volga, Turkménistan, Krasnodar et Sverdlovsk
Les raisons des inégalités
Ces inégalités géographiques tiennent vraisemblablement au nombre de détenus et de suspects jugés nuisibles par Staline, ainsi qu'aux possibilités de subversion (de s'opposer au régime) de certains groupes sociaux, souvent aux frontières du pays.
Conclusion
Un meurtre de masse caractérisé
La Grande Terreur est bel et bien un meurtre de masse, et elle en possède toutes les caractéristiques : une violence arbitraire et aveugle, méticuleusement planifiée et orchestrée par une bureaucratie indifférente au sort des victimes, accompagnée d'une manipulation constante de l'information et d'une paranoïa qui touche jusqu'aux hautes sphères du pouvoir.
Violence arbitraire
Exécutions basées sur des quotas, non sur des crimes réels
Planification bureaucratique
Orchestrée par une administration indifférente aux victimes
Manipulation de l'information
Dissimulation systématique des chiffres et des preuves
Paranoïa généralisée
Touchant tous les niveaux du pouvoir soviétique